Période historique : XXe siècle
Autres
Type de document : Roman
Auteurs : HIRANANDANI Veera, POUVELLE Jean
Editeur : Hatier Jeunesse
Année d'édition : 2020
A partir de 12 ans.
ISBN : 978-2-401-03290-3
Prix : 0,00 €

En juillet 1947, Nisha et son frère jumeau Amil fêtent leurs douze ans. En cadeau, Nisha reçoit un journal intime couvert de soie violette et rouge. La fillette écrit chaque jour à sa maman qu'elle n'a pas connue, qui est morte à leur naissance. Elle lui raconte leur quotidien, ses liens si étroits avec son frère, leur père trop souvent absent à cause de son travail de médecin à l'hôpital, et puis cette Indépendance de l'Inde qui se précise mais qui les jette sur les routes à cause de leur religion.
“
- Parfois nous nous battons, toi et moi. Mais ensuite, nous nous réconcilions.„
Née de mère juive américaine et de père hindou, Veera Hiranandani s'est largement inspirée de l’histoire de son père qui a dû quitter l’Inde pendant la Partition en 1947.
Quand l'histoire rejoint l'Histoire
En 1947, depuis plusieurs mois déjà, il est question que les Britanniques, colonisateurs de l'Inde depuis 1750, se retirent. Mais l'indépendance du 15 août 1947 ne se fait pas sans mal. Elle montre l'opposition violente qui existe depuis plusieurs siècles entre deux majorités : les musulmans et les hindous qui peuplent l'Inde.
Quatre grandes figures de l'Inde s'opposent alors : Gandhi, Jinnah, Nehru, Lord Mountbatten.
Veera Hiranandani a donc construit sa fiction, ses personnages en s'appuyant sur la véritable histoire de sa famille de confession hindoue : son père, ses parents et ses frères et sœurs ont du eux aussi quitter leur maison de Mirpur Khas, ville située dans le nouveau Pakistan pour franchir la frontière et redémarrer une nouvelle vie du côté resté indien. Dans le même temps, les Musulmans partent dans l'autre sens. Mais à travers son journal et les lettres qu'elle adresse à sa mère, Nisha détaille suffisamment le contexte pour qu'on se rende compte que la violence est omniprésente. Il y a de nombreux morts de part et d'autre, la fuite est inévitable mais personne n'est assurée de parvenir à destination. Nisha, son frère, son père, sa grand-mère sont pris dans cette tourmente et la jeune fille se pose immanquablement de nombreuses questions quant à son identité, sa religion, son pays.
Une quête identitaire
L'écriture à la première personne permet à Nisha de raconter le vécu de sa famille contrainte à l'exil mais aussi de s'interroger ouvertement. En écrivant à sa maman qu'elle n'a pas connu, elle l'interpelle, cherche une oreille attentive, quelqu'un pour répondre à ses questions, ses peurs, et nous, lecteurs et lectrices, sommes témoins de ce besoin de comprendre ce qu'il se passe.
L'Inde acquiert son indépendance, ce qui, en soi, semble être une bonne chose. Mais un autre mal cache la décolonisation, les communautés hindoues et musulmanes se vouent une véritable haine depuis plusieurs siècles. Pourtant, la mère de Nisha était musulmane alors que son père est hindou. C'est donc bien qu'il est possible de s'entendre, de s'aimer, même lorsqu'on n'a pas la même religion !
À douze ans, Nisha est suffisamment grande pour comprendre cette guerre mais suffisamment petite pour croire que la paix est encore possible. La religion est-elle plus importante que l'amour qu'on porte à ses proches ? Et Kazi, l'homme à tout faire de la maison, qui a vu grandir Nisha et Amil, devra-t-il rester au Pakistan parce qu'il est musulman ? Nisha partage sans détour toute l'émotion qu'elle éprouve au départ de sa maison, face aux nombreux obstacles qui menacent la famille comme l'état de santé de son frère qui se dégrade de jour en jour. Un exemple qui peut se transposer à toutes les familles contraintes à l'exil.
La culture indienne
Outre le contexte historique, Nisha nous invite à découvrir sa culture, si riche et si différente de la nôtre. La jeune fille cuisine beaucoup, c'est une manière pour elle de se poser, de se calmer lorsqu'elle ne va pas bien. Elle cuisine avec Kazi, ou seule bien plus tard. Ses descriptions de plats typiquement indiens nous font saliver ! Elle nous parle également des vêtements traditionnels, de sa vie quotidienne au sens large.
Écrit sous forme de journal intime, Le Journal de Nisha est une fiction historique rare sur un contexte sans doute méconnu des jeunes lecteurs et lectrices : l'indépendance et la partition de l'Inde en 1947.
Un roman très bien documenté, une véritable immersion dans un pays et une culture.
Ce livre n'est plus édité.
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