Période historique : XXe siècle
Seconde Guerre mondiale
Type de document : Bande dessinée
Auteur : LEGRAND Thomas
Illustrateur : WARZALA François
Editeur : Rue de Sèvres
Année d'édition : 2024
A partir de 14 ans.
ISBN : 978-2-8102-0877-7
Prix : 22,00 €

En juin 1940, le maréchal Pétain signe l'armistice avec l'Allemagne. Presque deux millions de soldats sont faits prisonniers et ces hommes sont envoyés dans une centaine de camps répartis dans toute l'Allemagne. Les aspirants comme Jacques Leboy, arrivent au Stalag I-A de Stablack. Ce camp est destiné à former l'élite française pour la "nouvelle Europe" qui va se mettre en place, suite à la victoire allemande.
Jacques Leboy et quelques-uns de ses camarades sont amenés à se questionner sur leurs idées politiques, religieuses et sociales. Ils n'approuvent pas la politique nazie et la collaboration du régime de Vichy. Même s'ils risquent leur vie à chaque fois, ils tentent de s'évader du camp.
“
- Bonjour, Scapini… Dites-moi, qu’en est-il de nos prisonniers en Allemagne ?„
Journaliste politique et chroniqueur, Thomas Legrand est aussi scénariste de BD. Ici, il raconte l'histoire de son père, Marcel Legrand, détenu pendant cinq ans dans le camp de Stablack, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les officiers français prisonniers
Grâce à ce témoignage, Thomas Legrand fait davantage connaître au grand public le devenir des soldats français, suite à la défaite de juin 1940.
Le roman graphique zoome sur le stalag I-A de Stablack, en Prusse orientale où est retenu son père. Dans le récit, il devient Jacques Leboy. On y découvre les conditions de détention, les brimades et humiliations, mais aussi l'embrigadement idéologique.
La collaboration de Vichy
Alors que les soldats auraient pu être simplement démobilisés et de retour dans leur foyer, on découvre que le gouvernement de Vichy mené par le maréchal Pétain a, là aussi, collaboré avec l'Allemagne et a autorisé que les soldats soient retenus prisonniers dans des camps dispersés dans toute l'Europe.
Stablack est défini comme un camp universitaire, c'est-à-dire que les aspirants qui y sont détenus, subissent au quotidien le discours pro-allemand et collaborationniste servi par le général français Didelet. Aucun écart n'est toléré, encore moins les tentatives d'évasion ! Lorsqu'ils en sortiront, ces officiers seront la relève pour l'Europe nouvelle dessinée par Hitler.
François Warzala illustre avec détails et précisions historiques la réalité de ce camp. On est au plus près des personnages principaux, dont Jacques Leboy bien sûr, pour voir leur analyse de cette détention et collaboration. Certains d'entre eux, comme Jacques, sont bien décidés à s'évader, même si l'entreprise s'avère très compliquée. C'est ce qui s'ajoute à la trame narrative, avec toute la méfiance qui doit être de mise. Jacques ne sait jamais si tel ou tel autre prisonnier est de bonne foi ou non !
Roman graphique biographique avec des documents d'archives en toute fin, Les Évasions perdues est aussi un récit très bien construit pour en savoir plus sur un sujet méconnu de la Seconde Guerre mondiale.
Les Évasions perdues - Stablack, l'université de la collaborationqui pourraient vous intéresser
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